13/12/2009

Alexandre Kolpakov - Griada

Il y a des romans sur lesquels nous aurons toujours des difficultés à parler. Certains parce que ce sont des chef-d'oeuvre, et qu'il n'est jamais évident de disserter sur ceux-ci; d'autres parce qu'ils sont à ce point mauvais qu'ils sont carrément exempts d'humour, même involontaire, et donc d'un ennui mortel. Malheureusement, Griada (Гриада) d'Alexandre Kolpakov, entre clairement dans la seconde catégorie. Pourtant, nous avions bien envie de le lire, non pas du fait du résumé de quatrième de couverture, qui laissait attendre une quelconque histoire d'exploration spatiale, mais de la magnifique illustration de Jean-Claude Forest.

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Hélas, mal nous en a pris, car tout comme le Sur la Planète orange, de Leonid Onochko, aussi publié au Rayon Fantastique, ce roman n'est qu'une pâle copie d'Aelita, d'Alexis Tolstoï. Mais non content d'en reprendre simplement le principe, comme l'avait fait Onochko, Kolpakov, lui copie tout, dans le moindre détail: super professeur et super pilote s'en vont dans super vaisseau à la découverte d'une autre planète. Celle-ci est dotée d'une civilisation techniquement supérieure à celle de la Terre. Mais elle est dirigée par une technocratie qui oprime les gentils ouvriers. Mais avec l'aide d'une gentille indigène, nous deux camarades vont se mêler de la révolution locale. Mais là où Tolstoï fait échouer celle-ci, Kolpakov, lui, rate le coche, et c'est ainsi que nos bons prolétaires interstallaires vont pouvoir faire régner l'amitier entre les peuples. Car si Tolstoï écrivait durant la Guerre Civile, et qu'alors la Révolution ne pouvait s'exporter ailleurs, dans les années 1960, la situation est tout autre, et le marxisme-léninisme se veut triomphant.

 

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Trève de rigolade (surtout que la lecture fut tout de même particulièrement pénible). Si l'édition française (dont on notera la grande médiocrité de traduction) date de 1962, l'original ne l'a précédé que de deux ans. Publié en 1960 aux éditions Molodaya Gvardia, Griada n'a par la suite jamais été réédité. Permettons-nous deux hypothèses pour expliquer ce fait: soit tout le monde s'est rendu compte du plagiat et a finalement préféré lire l'original que la copie; soit tout le monde s'est rendu compte de l'immense médiocrité (car Kolpakov n'a pas la moitié du talent de Tolstoï) de la copie en question.

Osons trancher: il s'agissait sans doute des deux...

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