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21/08/2011

Ivan Efremov - Cor Serpentis - Projet "Kosmoopera" 10

 

Il est plus que temps de reprendre le fil de notre projet « Kosmoopera », partiellement rompu du fait d'occupations extérieures prenantes (un autre projet en voie d'accomplissement et dont nous vous parlerons bientôt).

Voici donc une des œuvres importantes de la SF spatiale soviétique des années 1950 : Cor Serpentis (Cor Serpentis – Сердце Змеи, 1959), d'Ivan Efremov. Une novella (povest'), qu'on ne peut qualifier de suite à La Nébuleuse d'Andromède, publiée deux ans auparavant, mais qui prend place dans le même univers, celui du Grand Anneau. Efremov 1.jpg

Le Tellur est un vaisseau de la dernière génération, bien supérieur, bien plus rapide que tous ceux jamais construit. Il est envoyé en mission d'exploration, avec à son bord un équipage dont les membres savent que lorsqu'ils reviendront sur Terre, plus de 700 ans se seront écoulés. Tous leurs proches seront alors morts depuis longtemps. Mais si le Tellur est tout de même parti, c'est dans l'espoir de rencontrer enfin des représentants d'une autre civilisation, car jusqu'ici les échanges se sont toujours faits par l'intermédiaire du Grand Anneau, ce gigantesque système de communication à l'échelle de la galaxie, sans contact physique : les déplacements étant trop longs à l'échelle humaine.

Mais ici, par chance, avant d'atteindre son but, le Tellur va croiser la route d'un vaisseau extraterrestre, bien vivant cette fois-ci (à la différence de ce qui arrivait dans La Nébuleuse d'Andromède).

Efremov 2.jpgCor Serpentis est, quelque part, bien supérieure à La Nébuleuse d'Andromède. Efremov a su resserrer son propos dans un récit moins long, il y développe moins d'idée, mais du coup devient plus cohérent : Cor Serpentis n'a pas cet aspect de bouillonnement d'idées et de concepts un peu brouillon que pouvait avoir son prédécesseur. Deux points importants sont abordés ici : tout d'abord l'idée de non-retour, ou plutôt de retour possible mais sur un monde où plus personne ne connaîtra les membres de l'équipage. Or ces personnages sont typiques de la manière d'Efremov : grands, beaux, fiers. Les voir plonger dans la mélancolie n'en est que plus surprenant et offre au lecteur des pages lancinantes de vie quotidienne à bord, une vie qui pourtant en soi n'est pas désagréable, l'aménagement du vaisseau pouvant être considéré comme luxueux. Efremov 3.jpg

L'autre point important est idéologique. Même s'il ne la nomme pas, mais la résume en intégralité, Efremov critique ouvertement la longue nouvelle de Murray Leinster, First Contact (1945, traduite en français en 1965). Dans la récit de Leinster, deux vaisseaux, l'un terrien, l'autre extraterrestre, se rencontrent, mais, par peur l'un de de l'autre, ils finissent par s'entre-détruire. Efremov refuse qu'un tel événement puisse se produire. Pour lui, pour qu'une civilisation puisse aller dans l'espace, elle faut d'abord qu'elle ait exorcisé ses démons destructeurs, qu'elle soit devenue pacifique, car cela demande des ressources immenses et donc la collaboration du monde entier. Nécessairement donc, les rencontres se feront en paix. Efremov reste donc dans son optique utopique, mais il le fait bien, et son récit se retrouve empli d'un charme assez prenant, même si finalement il ne s'y passe pas grand chose.

Cor Serpentis a été traduit Louis Gaurin dans l'anthologie du même titre publiée au début des années 1960 par les Editions en Langues étrangères de Moscou.

 

Une lecture de Patrice

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