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27/09/2011

Karen A. Simonian - De Service - Projet "Kosmoopera" 21

Ce n'est pas d'un texte russe que nous allons parler aujourd'hui, mais d'un texte arménien, de Karen A. Simonian. Armérien, certes, mais aussi soviétique, puis que le texte en question, De Service (Дежурный), a été publié, pour ce qui concerne sa version russe, dans les années 1970, d'abord dans un recueil de nouvelle de Karen Simonian, Fantastika, édité à Erevan en 1972, puis dans la revue Tekhnika molodeji en 1976, dans un numéro consacré à l'Arménie soviétique.Simonian1.jpg

Le postulat de cette nouvelle extrêmement courte (deux pages dans l'édition en revue!) est très simple : un petit garçon vit sur une planète lointaine, seul avec son père et sa mère. Voilà plus de cinq ans qu'ils sont là. Cinq ans que le garçon joue seul, s'inventant de nouveaux jeux. Cinq ans que chaque soir il demande à sa mère quand donc il vont retourner sur la Terre, et cinq ans que la mère répond « bientôt ».Simonian3.jpg

Le père, lui, est « de service ». Il est là pour écouter les étoiles, repérer d'éventuels signaux d'origine extraterrestre, à partir de cet avant-poste lointain et isolé. Et il est prêt à y passer cinq, dix, voire quinze ans de plus.

Simonian2.jpgEn ces deux courtes pages, Karen Simonian parvient à émouvoir, de la même manière qu'il y parvenait dans Le Pré, l'une des deux nouvelles de cet auteur que nous avions publiées dans Dimension URSS. Les protagonistes pourraient d'ailleurs être les mêmes, et le petit garçon du pré, être celui-ci, isolé sur son monde d'arrivée. Une douce mélancolie se dégage de cette situation étonnante, car le petit garçon semble pouvoir mener une vie normale. Nulle il n'est dit que le monde en question, ou l'espace environnant est dangereux. Ce qui est dangereux, c'est l'ennui, l'isolement, et surtout l'idée qu'un homme puisse s'abandonner à son devoir, au détriment de ses proches. Un texte bref (une short short story, comme dirait les anglo-saxons), mais un texte fort.

 

Une lecture de Patrice

(sur la traduction russe de Emma Kananova, Tekhnika Molodeji, 1976, n°8, p. 52-53 - l'illustration, anonyme, provient de cette édition).

 

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