30/03/2012

Andreï Roubanov bientôt traduit

Roubanov 1.jpgNous vous avions parlé il y a quelques mois de deux romans d'Andreï Roubanov: Chlorophylle, et Terre vivante, deux romans intéressants, mais imparfaits encore. Roubanov 2.jpg

Ce sont précisément deux autres de ces oeuvres qui devraient paraître en français dans les prochains mois: La Vie est belle (Жизнь удалась, 2008; titre international All that glitters) et Psycho-agent (Психодел, 2001; titre international The Psycho Agent). Les droits viennent en effet d'être achetés par Flammarion, pour une toute nouvelle collection qui devrait être lancée en octobre 2012: Ombres noires.

Contrairement aux deux romans que nous avions signalés, il ne s'agit pas à proprement parler de science-fiction mais plutôt de thrillers à connotation fantastique.

29/03/2012

Marina et Sergueï Diatchenko - La Cicatrice

Nous vous le signalions il y a peu, La Cicatrice (Шрам, 1996) de Marina et Sergueï Diatchenko est sorti ce mois-ci en anglais chez Tor Books sous le titre de The Scar : il fallait donc que nous vous en parlions.

 

3812151766.2.jpgL'action se passe dans une grande ville, Karraven, où tout jeune homme est élevé depuis la plus petite enfance dans l'idée qu'un homme n'est pas un homme s'il ne porte pas une arme et s'il ne sait pas s'en servir. Egert Soll est le produit parfait de se système éducatif. Noble, jeune et beau, il est membre de la garde et si doué dans l'art de l'escrime qu'il est déjà lieutenant, et doté d'une réputation méritée d'invincibilité en duel. Ses adversaires vaincus – il en a d'ailleurs tué déjà deux – ne se comptent plus. De même qu'on ne compte plus ses conquêtes féminines, dont la femme de son capitaine ! Sûr de lui, rayonnant, Egert est en quelque sorte la star de la ville, dont tous les exploits sont connus, sauf évidemment des maris cocus. Mais voilà qu'arrive en ces lieux un jeune couple : un étudiant et sa future femme, une merveille de beauté. Histoire d'obtenir une conquête de plus, Egert drague lourdement la jeune femme tout en méprisant ouvertement l'étudiant, qu'il considère comme un sous-homme. Ceci se finira bien sûr par un duel, au cours duquel, lors d'une action maladroite, l'étudiant va trouver la mort. Aussitôt tué, aussitôt oublié : le duel ayant été fait dans les règles, il n'y a pas meurtre. Mais dans l'assistance se trouvait un vieil homme qui, quelques temps plus tard provoque lui-même Egert. Or le vieil homme s'avère être un redoutable bretteur, qui marquera définitivement le visage du jeune homme d'une cicatrice, porteuse elle-même d'une malédiction. A partir de cet instant, Egert devient couard. Tenir une arme lui fait peur ; franchir un fossé lui peur ; monter à cheval le terrorise à un tel point qu'il ne peut plus tenir son rang au sein de la garde. Restant d'abord enfermé, il va ensuite quitter la ville et s'enfoncer toujours plus loin des gens, jusqu'à, lors d'une tentative de suicide pathétique (même la mort lui fait peur), il se voit offrir par le doyen de l'Université d'une autre ville, une place d'auditeur. Mais le doyen en question n'est autre que le père de la jeune femme promise à l'étudiant tué par Egert...

 

 

 

3419620255.jpgRoman de fantasy, La Cicatrice est tout sauf une oeuvre d'heroic fantasy : sont personnage principal est le plus parfait exemple de l'anti-héros, puis qu'il est totalement dominé par la peur et incapable de faire preuve du moindre courage. C'est ainsi qu'une bonne moitié du roman nous narre avec une rigueur implacable sa descente en enfer, une longue description, particulièrement subtile, de l'apprentissage de la peur par quelqu'un qui ne l'a strictement jamais ressenti, et du coup de l'apprentissage de la honte par une personne dont le rang, la place à tenir dans la société excluent tout possibilité d'avoir honte d'une action, par fierté à la fois personnelle et familiale. Aussi quand Egert se rend compte que même la mort lui est refusée, accueille-t-il avec presque soulagement la proposition du père de sa victime. Une proposition qui lui permettra petit à petit de comprendre la nature de sa malédiction et d'essayer de trouver un moyen pour y remédier. Egert devra donc apprendre à être humain.

 

Marina et Sergueï Diatchenko ont la réputation d'écrire de la fantasy particulièrement portée sur la psychologie : avec La Cicatrice, cette réputation n'est clairement pas usurpée. Tout y est mené de façon subtile, sans manichéisme, sans céder à la facilité. Rarement un roman n'aura aussi mérité l'étiquette de « récit initiatique ». Initiation pour le héros, mais aussi pour sa victime survivante, Toria, la jeune femme qui va devoir apprendre à vivre quotidiennement avec tout près d'elle l'assassin de son promis. Deux chemins qui évidemment se croiseront.

 

Mieux, bien qu'attachés à l'étude de l'évolution interne de leurs personnages, les auteurs ne cèdent pas pour autant dans la passivité : si la magie est présente– c'est un roman de fantasy – mais discrète, l'action, elle, est régulière, apparaissant aux moments clés et relançant l'intérêt en faisant apparaître de nouvelles données. La Cicatrice est une oeuvre forte, impressionnante, qui entraîne le lecteur à filer sans cesse d'une page à l'autre tout en lui laissant en tête quantité de questions.

 

A en lire les quelques comptes rendus et critiques déjà parus outre-Atlantique, il se pourrait bien que le succès soit à la clé. Il nous reste donc plus qu'à espérer une chose : qu'il en soit de même en France !

 

 

 

A découvrir pour les non-russophones, le site officiel des Diatchenko en anglais.

 

Vous pourrez y lire une de leurs formidables nouvelles fantastiques en anglais (La Tour brûlée – The Burned Tower), et si vraiment ça vous plaît, n'oubliez pas que certaines de leurs oeuvres sont déjà traduite en français !

 

 

 

Une lecture de Patrice

 

24/03/2012

"Il est difficile d'être un dieu" d'Alexeï Guerman enfin achevé?

Voilà un projet cinématographique qui aura décidément été hors normes. Mis sur pied une première fois par Guerman et les frères Strougatski durant les années 1980, puis remplacé par un autre film, celui de l'Allemand Peter Fleischmann, Il est difficile d'être un dieu aura finalement été tourné de 1999 à 2006. Puis il y eut des difficultés financières, ainsi que des problèmes de santés assez grave pour Alexeï Guerman lui-même... et un film sans cesse annoncé et toujours repoussé.

Cependant, si des rumeurs couraient déjà à ce sujet l'année dernière, il se murmure, par exemple ici, que le film pourrait bien être présenté au festival de Cannes de 2012. Enfin!

Et pour patienter un peu, voici quelques images trouvées sur le site kinopoisk.ru:

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