02/05/2012
La science-fiction soviétique et russe dans "Antarès" - 2
Pour nombre de lecteurs, le terme « soviétique » qualifie uniquement les Russes, à la limite aussi les Ukrainiens et les Biélorusses. Il s'appliquait pourtant évidemment à l'ensemble des républiques de l'URSS, même quand leur langue principale n'était pas le russe. Cette erreur se retrouve dans Antarès, qui qualifie systématiquement les Russes de Soviétiques, mais pas les Lithuaniens ni les Moldaves.
Car, et c'est tout à son honneur, Antarès a publié des nouvelles d'auteurs lithuaniens et moldaves.
D'un auteur moldave, en tout cas :
Ion Mînăsçurtă, « Demain nous reverrons la terre » [Мыне, Кынп Не Вом Ынтылни Пе Пэмынт, 1980], introduction et traduction de Jean-Pierre Moumon, Antarès n°23, 1986, p. 96-114.
Cela ne doit pas surprendre : le moldave n'est ni plus ni moins que du roumain, et Antarès a régulièrement publié des auteurs roumains.
Plus étonnantes restent les traductions du lithuanien.
Déjà en 1985, Jean-Pierre Moumon, sous le pseudonyme de Marie-Claude Kubilius, publiait un court article sur la SF en Lettonie :
Marie-Claude Kubilius [Jean-Pierre Moumon], « Coup d'oeil sur la SF en Lettonie », Antarès n°20, 1985, p. 131-132.
Par la suite, ce sont six nouvelles lithuaniennes qui sont traduites :
Vytautas Norbutas, « La Constellation aux sept étoiles » [Septiniu žvaigždžiu žvaigždyne, 1972], introduction et traduction de Jean-Pierre Moumon, Antarès n°24, 1986, p. 104-115.
Vytautas Norbutas, « Le Rideau du temps » [Pro laiko uždangą, 1972], introduction et traduction de Jean-Pierre Moumon, Antarès n°28, 1987, p. 74-85.
Evaldas Liutkevičius, « Chasse à corps » [Viena iš begalybés, 1982], introduction et traduction de Jean-Pierre Moumon, Antarès n°29, 1988, p. 92-103.
Romualdas Kalonaitis, « Le Dernier ennemi » [Paskutinis Priešas, 1973], introduction et traduction de Jean-Pierre Moumon, Antarès n°30, 1988, p. 4-17.
Vytautas Norbutas, « 222 Sirius » [Du šimtai dvidešimt du, Sirijus, 1972], introduction et traduction de Jean-Pierre Moumon, Antarès n°31, 1988, p. 74-87.
Romualdas Kalonaitis, « Au Large d'Enigma » [Horizonte "Enigma", 1974], Antarès n°35, 1989, p. 86-98.
Le nombre d'auteurs est assez peu diversifié : comme dans les autres domaines linguistiques, Jean-Pierre Moumon est tributaire de ses contacts, ici Romualdas (qui signe autrement Romas) Kalonaitis, avec lequel il entretenait une correspondance dont une partie sera d'ailleurs publiées dans la rubrique Terrascopie ou bien dans le grand dossier « SF et Perestroïka » dont nous parlerons par la suite.
Notons que ce petit cycle de traductions baltiques s'achève par la publication d'un gros article de synthèse :
Gediminas Beresnevičius, « La SF lithuanienne », Antarès n°37-38, 1991, p. 223-239 et 213.
A ce jour, un tel effort consacré à un pays dont la littérature est largement méconnue en France reste sans égal. C'est tout ce qui fait le caractère unique d'Antarès.
A suivre...
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Commentaires
c'est génial d'avoir créé une telle revue !
J'ai entendu dire que Antarès allait revivre...est-ce que j'ai rêvé ??
Écrit par : Med | 02/05/2012
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