30/05/2012
Pavel Amnouel reçoit le prix Aelita
Pavel Amnouel est un auteur dont nous avons régulièrement parlé. Nous l'avons invité à se présenter lui-même; nous avons critiqué un de ses romans; nous l'avons publié par deux fois en français, dans Dimension URSS puis dans Dimension Russie. Bref, c'est un auteur que nous suivons attentivement, et pour cause: les textes qu'il produit de nos jours sont de plus en plus brillants et audacieux lorsqu'ils abordent des questions de sciences – on n'en dira pas forcément autant de ses textes humoristiques, mais c'est une question de goûts. On a parfois parlé de lui comme le Stephen Baxter russe.
Tout cela pour dire qu'il vient de se voir décerner le prix Aelita, remis à Ekaterinbourg lors de la convention du même nom, donc le prix le plus ancien, et sans doute le plus symbolique de Russie, pour l'ensemble de sa carrière.
Nous ne pouvons qu'en être heureux!
Nous profitons d'ailleurs de ce prix pour signaler son nouveau site internet (en russe).
13:33 Publié dans (aut.) Pavel Amnouel, Prix littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19/05/2012
Aleksei Pekhov - Le Vent d'ombre
Et voilà. Le mois dernier nous est arrivé le troisième tome des Chroniques de Siala par Alekseï Pekhov, qui clôt cette trilogie extrêment populaire en Russie. Sorti en France sous le titre de Le Vent d'ombre (Вьюга теней, en fait Le Blizzard d'ombre), il continue à nous faire suivre les aventures du voleur Harold, escorté d'elfes et de soldats, en quête de la Corne Arc-en-Ciel, artefact qui, seul, pourra arrêter un très puissant mage que l'on appelle seulement l'Innommable. La petite troupe se retrouve donc dans la forêt de Zagraba, le territoire des Orcs, une forêt féerique mais pleine de surprises, où se trouve Hrad Spein, une gigantesque nécropole souterraine au cœur de laquelle la corne a été dissimulée. Et ce troisième tome déçoit. Les deux premiers, il est vrai, étaient loin d'être des chef-d’œuvres: on tenait juste des livres de plage, divertissants, fournissant à peu de frais leur lot de délassement basé sur du recyclage de choses déjà vues mille fois, mais bien menées. Las, ici presque la moitié du roman est occupé par l'exploration de Hrad Spein par Harold. Un récit durant lequel Pekhov a développé des trésors d’ingéniosité, il faut bien l'avouer, pour inventer des salles, des pièges, des créatures. Il n'empêche que toute cette partie représentera, pour quiconque par exemple a pratiqué le jeu de rôle, la pire des options scénaristiques, à savoir l'enchaînement « une porte, un monstre, un trésor » (choisissez l'ordre). De belles images donc, mais qui se succèdent de façon ennuyeuse.
La suite non plus ne tient pas ses promesses : une longue fuite sans réels rebondissements, les obstacles étant tous attendus ou presque. Et tout cela pour déboucher sur une bataille calquée sur celle de Crécy et narré d'une manière qui la fait ressembler à un pastiche de la description de la bataille de Borodino par Tolstoï. Car c'est là ce qui a toujours été le problème chez Pekhov : ses références sont immédiatement reconnaissables. Ici, il va même jusqu'à emprunter l'Inquisition (devenu ici les Gris) des Nightwatch de Loukianenko, un ordre chargé de veiller en toute neutralité à l'équilibre du monde. Ce genre de collage peut fonctionner lorsque la trame narrative reste équilibrée : ça n'est malheureusement pas le cas ici. Pekhov laisse en plan nombres d'éléments de son fil conducteur, ce qui empêche d'apprécier pleinement cette conclusion insatisfaisante.Notons pour information que le tome 1 paraître en poche chez J'ai Lu en septembre prochain.
Alekseï PekhovLe Vent d'ombretraduction sur la version anglaise d'Andrew Bromfield par Jean-Pierre Pugi2012, Pygmalion fantasy
Une lecture de Patrice
15:38 Publié dans (aut.) Aleksei Pekhov, (éd.) Pygmalion, Auteurs russes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17/05/2012
Quelques prix décernés à l'Interpresscon
C'est la saison des prix, et il y a un peu moins de deux semaines s'est tenu la 23e InterpressCon, à Saint-Pétersbourg. Celle-ci fut l'occasion de la remise du prix homonyme, mais aussi de l'Escargot de Bronze, décerné par Boris Strougatski, du prix Polden' 2012, décerné par la revue Polden' XXI vek (Midi, 21e siècle), et du prix Beliaev. En voici les principaux résultats.
Prix InterpressCon :
Meilleur roman : Ioulia Zonis, L'Inquisiteur et la nymphe (Инквизитор и нимфа, Ast, 2011)
Meilleure novella (povest') : Sviatoslav Loguinov, L'Or de Medyn (Медынское золото, dans le recueil Ось мира - Медынское золото, L'Axe du monde – L'Or de Medyn, Eksmo, 2011)
Meilleure nouvelle : Ioulia Zonis et Ina Goldin, Ignis fatuus (Polden' XXI vek, novembre 2011)
Micro-nouvelle : Leonid Kaganov, Lettre du bonheur (Письмо счастья, Parallel n°1, 2012)
Parallel est une toute nouvelle revue, qui, pour son premier numéro, a fait le choix de publier un grand nombre de micro-nouvelles d'une ou deux pages, dont beaucoup de Marina et Sergueï Diatchenko. Souhaitons-lui bonne chance !
Premier roman : Anna et Oleg Semirol, Demi-pas vers le ciel (Полшага до неба, Ast, 2011)
Beaucoup de fantasy pour ce palmarès, si l'on excepte la nouvelle de Ioulia Zonis et Ina Goldin ainsi que la blague de Leonid Kaganov...
Prix Escargot de Bronze
Meilleur roman : Zakhar Prilepine, Singe noir (Черная обезьяна, Ast, 2011).
Cette fois-ci, Boris Strougatski a donc choisi de récompenser un thriller d'un auteur déjà traduit en France pour ses romans réalistes. Un choix qui ne doit pas surprendre tant Boris est de plus enclin à s'inquiéter de notre monde plutôt que des espaces lointains.
Meilleure novella : Andreï Ismaïlov, Le Jeu de la boîte (Игра в ящик, Polden' XXI vek, juillet 2011)
Prix Polden' 2012 :
Prose : Alexandre Jytynski, Sables mouvants (Плывун, Gelikon Plus, 2011).
11:51 Publié dans (aut.) Sviatoslav Loguinov, (éd.) Ast, (éd.) Eksmo, Auteurs russes, Prix littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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