22/07/2012
Exaella
Poursuivons notre cycle de cinéma estival par quelque chose d'assurément original: un manga russe. Pour être plus précis, il s'agit d'une coproduction russo-japonaise, même si le principal maître d'oeuvre est Andreï Oudot (devenu à l'international Andrew Oudot): celui-ci est en effet producteur, réalisateur, scénariste, designer et compositeur d'Exaella (Эксэлла, 2011). Mais comme il lui aurait été quasi-impossible de faire aboutir un projet dans ce type, c'est au Japon qu'il est donc allé chercher un co-producteur, Denisu Isakawa, qui a au passage signé le design des personnages. Notons dès maintenant que pour l'un comme pour l'autre, il s'agit d'un premier film.
Résumer Exaella est difficile. Nous sommes dans une citée gigantesque, mais morte. Ou presque. D'un caisson sort une jeune femme aux cheveux gris, connectée à des câbles dont elle se sépare rapidement. Elle erre dans la citée, tentant de communiquer avec ce qui semble être un programme de gestion. Mais la citée est quasi vide d'énergie, et la remettre en marche s'avère difficile. La jeune femme finit par croiser une petite fille vêtue d'un costume de bouffon. Ensemble, elles vont tâcher de comprendre. Mais des robots les prennent en chasse, ainsi qu'un mystérieux soldat qui tout en la poursuivant doit lui-même se battre contre les androïdes.
Exaella est assurément une oeuvre difficile d'approche. Il faut en effet accepter de rester pas loin de quarante minutes sans rien comprendre, de se laisser immerger dans une ambiance noire, crépusculaire, sans vie. Seules quelques rares teintes colorées viennent rappeler qu'il ne s'agit pas d'un film en noir et blanc. De plus, Oudot prend son temps et ne livre donc les informations qu'au compte goutte. Nous devons partir du fait que nous sommes déjà censés tout savoir sur le contexte. Evidemment certains trouveront cela soporifique, d'autres, donc nous, trouverons le résultat plutôt fascinant.
Pour autant le film n'est pas sans défauts: nous l'avons dit, il s'agit d'un premier essai. L'image se présente comme un savant mélange de 3D et de 2D traditionnelle qui semble manifestement s'appuyer sur de la rotoscopie: cependant les personnages ont souvent une démarche sacadée, peu naturelle. De même, si bien des questions obtiennent des réponses au final, certaines, pourtant importantes, restent en plan. Enfin, certaines influences sont parfois par trop sensible: Ergo Proxy pour l'ambiance générale, Battlestar Galactica pour l'aspect des robots, etc. Peut mieux faire, donc, mais le duo Oudot / Isakawa en a visiblement les moyens et il reste à espérer qu'ils récidiveront, car Exaella mérite indiscutablement le détour.
Comme de bien entendu, le film est totalement indisponible en France de façon officielle. Mais une équipe de bénévole a traduit (sans autorisation) la version japonaise (une version scindée en quatre OAV) et placé le résultat sur Dailymotion. L'ensemble est donc visible ci-dessous.
Exaella 01 vostfr par Willy-71
Exaella 02 vostfr par Willy-71
21:43 Publié dans Films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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