17/07/2011
Alexandre et Sergueï Abramov - "Selesta 7000"
Nous avons dit ici tout le bien que nous pensions des Cavaliers venus de nulle part, d’Alexandre et Sergueï Abramov, un roman particulièrement riche en idée, et qui a d’ailleurs connu deux suites dont il faudra bien que l’on vous parle un jour. Mais pour l’instant c’est une autre de leurs oeuvres que nous voudrions présenter : « Selesta 7000 » («Селеста-7000», 1970).
Deux scientifiques soviétiques participent à un congrès international aux USA, et sont abordés par Robert Smiley, un entrepreneur, qui leur fait part d’étranges phénomènes qui ont lieu sur une île des Bermudes. Parfois les objets métalliques s’y assemblent en tas sans que personne n’y touche ; parfois aussi les gens sentent que quelqu’un ou quelque chose parle directement dans leur tête, voir même les entraîne, par la pensée, vers des époques passées. Smiley propose aux deux Soviétiques de résoudre cette énigme, avec d’autres savants. Victime des mêmes phénomènes, cette équipe de recherche internationale finit par découvrir l’existence d’une gigantesque base de données envoyée là il y a des siècles par une civilisation extraterrestre en vue d’étudier la Terre. Une base de données quasi-omnisciente et dotée d’une conscience.
Alors que les savants veulent créer un institut international d’étude de cette base, d’autres puissances vont chercher à s’en emparer.
Que de discours, que d’idéologie, dans ce court roman, bien plus que dans le Cavaliers venus de nulle part, où une certaine neutralité était respectée. Ici les savants soviétiques se taillent la part belle : ils sont naturellement les meilleurs. Bâti sur une fantastique idée, ce roman laisse malheureusement un goût d’inachevé. Ces savants ont découvert quelque chose d’extraordinaire, mais finalement sans en connaître les applications éventuelles, les auteurs préférant finalement détourner le regard vers ceux qui veulent s’emparer de la base de données. Sans être mauvais, « Selesta 7000 » est hélas une déception.
Une lecture de Viktoriya
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16/06/2010
La SF dans Lettres soviétiques - 4e partie
Les années 1987 et 1988 confirment ce que nous annoncions dans la note précédente : exit la rubrique « science-fiction ». Mais on contrepartie on nous offre là encore un numéro spécial annuel.
1987
L'année 1987 voit toutefois paraître deux petites exception, d'abord avec un récit de Kir Boulytchev :
342
Kir Boulytchov, « Deux billets pour l'Inde », p. 79-112, (Два билета в Индию, 1981), trad. Ilya Iskhakov
Dans un numéro consacré à la littérature pour enfants.
Ensuite avec une nouvelle fantastique de Sergueï Abramov :
344
Sergueï Abramov, « Les habits neufs de l'empereur », p. 4-57, (Новое платье короля, 1986), trad. Harald Lusternik
Nous avons déjà eu l'occasion de parler de cette nouvelle, surprenante à plus d'un titre, dans laquelle un auteur soviétique en vient à faire son mea culpa pour avoir écrit pendant des années de l'ennuyeuse prose réaliste.

Le numéro spécial 348 pose clairement problème, puisqu'il montre de toute évidence une volonté de retour en arrière de la part de la rédaction. Le sommaire est ainsi très similaire à celui du premier numéro spécial (277, en 1982), à savoir un vaste fourre-tout de textes plus ou moins anciens, accompagné d'un dossier sur Ivan Efremov, auteur dont on ne peut pas dire, en 1987, qu'il occupe la une de l'actualité.
Frederic Pohl et Eréméi Parnov, « On ne peut prédire l'avenir, on peut le façonner », p. 4-8 (entretiens croisés).
Guenrikh Altov, « La clinique du sacre », p. 9-29, (Клиника "Сапсан", 1967), trad. Elisabeth Mouraviova
Guéorgui Chakh, « Et les arbres tels des cavaliers... », p. 29-45, (И деревья, как всадники…, 1972), trad. Ilya Iskhakov
Serguéi Drougal, « Le syndrome de Tichka », p. 48-61, (Тишкин синдром, 1984), trad. Elisabeth Mouraviova
Vladimir Firsov, « Le kangourou », p. 61-78, (Кенгуру, 1975), trad. T. K.
Séver Gansovski, « Le jour de la colère », p. 79-100, (День гнева, 1965), trad. Elisabeth Mouraviova
Edouard Guévorkian, « Peine capitale. (Adieu, septembre !...) », p. 101-117, (Прощай, сентябрь! (Высшая мера), 1985) trad. Varvara Mikhalkova
Olga Larionova, « Divorce à la martienne », p. 117-125, (Развод по-марсиански, 1967), trad. Varvara Mikhalkova
Anatoli Melnikov, « Cela s'est produit sur l'île de Man », p. 126-138, ( ?, ?), trad. Fr. Roussak
Alexandre Fiodorov, « Alliage particulier », p. 140-144 (article sur Ivan Efremov)
Vitali Bougrov, « C'est sur la Terre qu'on a à vivre », p. 144-150 (entretien avec Ivan Efremov)
Vladimir Gakov, « La haute frontière (la science-fiction américaine : pour ou contre la « guerre des étoiles »), p. 151-176
Deux notes anonymes : « Conférence internationale des auteurs de science-fiction » et « Déclaration de la Conférence Internationale « Science-fiction et Avenir de l'Humanité » », p. 177-179
Le résultat final est donc très inégal. On retiendra simplement les nouvelles de Gueorgui Chakh (dont le thème est très similaire à l'une des histoires contenues dans le récit de Léo Henry, dans l'anthologie Retour sur l'horizon, de Serge Lehman), de Sergueï Drougal (une nouvelle variation, mais subtile, sur les thèmes du « premier contact » et de « l'habit ne fait pas le moine »), et de Guévorkian. Et surtout, l'admirable récit de Sever Gansovski, « Le jour de la colère », qui sera aussi publié (avec une traduction d'André Cabaret) dans Antarès, un texte très fort, très dur, sur comment des scientifiques, voulant créer une race de surhommes, n'ont fait que mettre au monde des génies bestiaux.
1988

Le numéro spécial de 1988 revient à quelque chose de plus expérimental. Mais c'est pour le coup assez peu réussi. La rédaction a en été voulu introduire la poésie. Mais il ne suffit pas de parler d'étoiles, de comètes ou d'astéroïdes pour que ces poèmes soient de science-fiction. On se contentera donc de ne retenir que les nouvelles et articles publiés en même temps.
360
Poésies plus ou moins SF (en tout cas « cosmique ») disséminées dans tout le numéro : poèmes de Pavel Antokolski ; Vladimir Britanichski ; Nikolaï Glazkov ; Constantin Vanchenkine ; Lev Koukline ; Boris Bobylev ; Mikola Bajan ; Guerman Valikov
Vitali Babenko, « La Rencontre », p. 6-47 (Встреча, 1986), trad. Varvara Mikhalkova
Alexandre Khlebnikov, « Reflets de demain », p. 52-89 (Отблеск грядущего: Героическая фантазия, 1984), trad. Alexandre Karkovski
Igor Rossokhovatski, « Que seras-tu la prochaine fois ? », p. 94-110 (Каким ты вернешься?, 1980, et non 1985 comme indiqué dans la revue), trad. O. Sanson
Arkadi et Boris Strougatski, « Récit sur l'amitié et la non-amitié », p. 113-150 (Повесть о дружбе и недружбе, 1980), trad. Ilya Iskhakov
Vladimir Gopman, « L'avenir commence aujourd'hui (Science-fiction soviétique 1987-88) », p. 152-162 (article)
Andréi Balaboukha, « Vis et lutte (Notes sur l'oeuvre de science-fiction de Vladislav Krapivine) », p. 162-169 (article)
Elga Lyndina, « Sur les orbites de l'avenir », p. 169-175 (article sur Solaris et Stalker)
Natalia Zakliakova, « A l'unisson des événements », p. 175-176 (article sur l'évolution de l'art SF)
La rédaction renoue ici avec des textes récents. On n'y trouve d'ailleurs plus un seul récit spatial, mais au contraire des histoires sur le futur proche, voire même sur le passé (la nouvelle de Khlebnikov se déroulant durant le siège de Léningrad en 1942). Les auteurs font tous des efforts remarquables de style, et aucun texte n'est réellement mauvais, ni même médiocre. Sortent toutefois du lot, bien sûr, la nouvelle des frères Strougatski, et un étonnant techno-thriller de Vitali Babenko, dont le héros est un agent de l'ONU enquêtant sur des trafics d'armes. L'action se passe dans un avion géant, qui fait perpétuellement le tour de la Terre, dans la haute atmosphère, sans jamais se poser, ravitaillé en vol par d'autres avions plus petits qui lui apportent aussi ses passagers.
C'est avec ce numéro que cesse toute publication de science-fiction dans Lettres Soviétiques. La revue elle-même subsistera encore pendant trois ans, avant de disparaître en même temps que l'Union des écrivains de l'URSS.
C'est donc avec lui aussi que cesse ce marathon bibliographique. Dans la prochaine note, nous tenterons quelque chose qui sera sans doute déjà moins fastidieux, à savoir une analyse sur comment la science-fiction a pu être instrumentalisée, plus ou moins maladroite, à des fins de propagande.
A suivre...
10:34 Publié dans (aut.) Alexandre et Sergueï Abramov, (aut.) Arkadi et Boris Strougatski, (aut.) Ivan Efremov, (aut.) Jérémie Parnov, (aut.) Kir Boulytchev, (aut.) Valentina Jouravliova et Guenrikh Altov, (aut.) Vladislav Krapivine, (éd.) Editions en Langues Etrangères, Auteurs russes, Auteurs ukrainiens, Essais, Revues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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13/06/2010
La SF dans Lettres soviétiques - 3e partie
Ce que laissait pressentir l'année 1984 ne manque pas de se vérifier avec 1985 : la rubrique « science-fiction » de Lettres Soviétiques est définitivement abandonnée. En contrepartie, il semble que la revue s'oriente vers la parution annuelle d'un numéro spécial consacré au genre, ce qui est lui faire énormément d'honneur. On imagine mal la NFR ou Europe en faire de même en France.
Pour 1985, donc on peut compter sur deux petites exception, avant d'avoir à faire au spécial :
313
Sergueï Abramov, « A mes lecteurs », p. 37-38 (introduction)
Sergueï Abramov, « On demande un miracle », p. 39-92 (Требуется чудо, 1983), trad. Fr. R.
Cette publication est une surprise, car Abramov, dans son introduction, avoue non seulement vouloir écrire des courts romans fantastiques, mais en plus avoir une idée plutôt rétrograde de la femme « amoureuse et aimée, tendre et féminine, bonne et pleine de sollicitude ». Tandis que l'homme doit être viril, mais tout aussi bon quand même. On est loin du dogme soviétique. On le lui pardonnera volontiers, car il fait preuve dans cette nouvelle d'un grand talent.
314
Numéro spécial "Kirghizie"
Tchinguiz Aïtmatov, « Une journée plus longue qu'un siècle », p. 14-28 (Буранный полустанок
/ И дольше века длится день, 1980), trad. Frédérique Longueville (extrait du roman publié chez Messidor/Temps Actuels en 1982).
Il aurait été difficile, dans un numéro spécial « Kirghizie », de faire l'impasse sur Tchinguiz Aïtmatov. Pourtant, était-il vraiment nécessaire pour cela de reprendre un chapitre d'un roman publié à peine trois ans auparavant en France ?

318
Numéro spécial SF
Ce numéro annonce la couleur dès sa préface : « place aux jeunes ». L'ensemble des auteurs présents au sommaire seront ainsi de grands inconnus pour les lecteurs du monde occidental. S'ils ne sont pas nécessairement des débutants, tous participent de près ou de loin aux séminaires de formation des auteurs qui se tiennent à Moscou (Maleevka) ou à Léningrad.
Natalia Astakhova, « Permettez-moi de naître », p. 4-7 ( ?, ?), trad. Ilya Iskhakov
Vitali Babenko, « Maudit et prometteur », p. 7-37 (Проклятый и благославленный, 1976), trad. Alexandre Karkovski
Nikolaï Blokine, « Répliques », p. 38-50 (Реплики, 1984), trad. Alexandre Karkovski
Youri Glazkov, « Le noir silence », p. 51-63, (Черное безмолвие, ?), trad. Elisabeth Mouraviova
Lioumila Kozinets, « Vendredi, vers sept heures », p. 63-67, (В пятницу, около семи, 1983), trad. V. Andronova
Lioubov et Evguéni Loukine, « Vox populi », p. 68-81, (Право голоса / Droit de vote, 1984),trad. F. Roussak
Vladimir Pokrovski, « La toute dernière guerre », p. 84-93, (Самая последняя в мире война, 1984), trad. V. Andronova
http://www.russkaya-fantastika.eu/aut-vladimir-pokrovski/
Valéri Polichtchouk, « Le contact », p. 94-103, (Контакт, 1979), trad. Ilya Iskhakov
Viatcheslav Rybakov, « La grande sécheresse », (Великая сушь, 1979), p. 104-116, trad. Ilya Iskhakov
Rouslan Sagabalian, « La vente aux enchères », (Аукцион, 1978, d'après un original arménien), p. 116-122, trad. Varvara Mikhalkova
Valentina Soloviova, « La station intermédiaire », p. 123-135, (Промежуточная станция, 1984), trad. Varvara Mikhalkova
Marietta Tchoudakova, « Un vieux bien tranquille », p. 138-141, (Тихий старик, 1978), trad. Harald Lusternik
Vladimir Zaïats, « Les temponautes », p. 142-151, ( ?, ?), trad. Varvara Mikhalkova
Valéri Rodionov, « Constantin Feoktistov : vers les étoiles de mes rêves », p. 152-159 (interview d'un cosmonaute)
Vladimir Gakov, « Les orbites de Maleevka », p. 162-170 (article)
Eremei Parnov, « La science-fiction contre le délire nucléaire », p. 171-176 (opinion)
http://www.russkaya-fantastika.eu/aut-jeremie-parnov/
Lioudimila Ovsiannikova, « La machine du bonheur », p. 178-181 (bilingue) (Машина счастья, 1984), trad. V. M. (seul texte connu de l'auteur)
Le résultat obtenu par cette prise de risque éditoriale est évidemment très inégal. La nouvelle d'Astakkova est un plaidoyer anti-avortement assez plat ; le texte de Viatcheslav Rybakov ne permet pas encore de voir en-lui le grand auteur qu'il deviendra par la suite. Reste de forts beaux essais, avec les textes de Kozinets, Babenko, Pokrovski (repris dans Dimension URSS), Soloviova (idem), et quelques pochades humoristes comme la nouvelle de l'Arménien Sagabalian ou le pamphlet des époux Loukine, qui montre une voix mystérieuse s'adresser aux puissants de ce monde en les traitant de tous les noms, plus grossiers les uns que les autres, une voix qui serait l'expression de l'inconscient collectif populaire.
Même si donc ce sommaire est inégal, il n'en reste pas moins qu'on peut constater la grande qualité d'écriture des nouvelles. Ces « jeunes » sont de vrais écrivains, et non simplement, comme ça a pu l'être par le passé dans la SF soviétique, des grattes-papier avec des idées. Pourtant, nombre de ces auteurs verront leur carrière s'arrêter au lendemain de la chûte de l'URSS. Et certain parfois (Ovsiannikova ou le cosmonaute Glazkov) n'ont même écrit qu'un seul texte.
1986
L'année 1986 confirme l'orientation de 1985 : pas de SF ni de fantastique au sommaire des numéros normaux, mais un excellent numéro spécial :
1986

336
Numéro spécial SF
Eremei Parnov, « Paix sous les étoiles et non 'guerre des étoiles' », p. 3-4 (opinion)
Arkadi et Boris Strougatski, « Cinq cuillères d'élixir – scénario de film », p. 5-44, (Пять ложек эликсира, 1985), trad. Ilya Iskhakov
Entretien avec Arkadi Strougatski, p. 44-48
Dmitri Bilenkine, « Appâts terrestres. Brève relation d'un événement fantastique », p. 49-80, (Земные приманки, 1974), trad. Varvara Mikhalkova
Entretien avec Dmitri Bilenkine, p. 80-85.
Kir Boulytchev, « La robe blanche de Cendrillon », p. 86-145, (Белое платье Золушки, 1980), trad. Alexandre Karkovski
Entretien avec Kir Boulytchev, p. 145-148
Vladimir Mikhanovski, « Le premier contact », p. 149-177, (Первый контакт, 1985), trad. F. Roussak
Entretien avec Vladimir Mikhanovski, p. 177-180.
Alexandre Alexandrov, « La littérature d'anticipation : maturité ou vieillesse ? », p. 181-185 (article)
Peu de textes, donc, mais, à l'inverse du numéro précédent, que des grandes plumes. Et les nouvelles publiées sont fort longues. Les Strougatski reviennent, à nouveau avec un scénario. Ce travail original (non basé sur un roman préexistant), teste la capacité de résistance d'un honnête homme à qui l'on propose l'immortalité. Du grand Strougatski de la dernière période, très humain, et prenant place dans le monde actuel.
La nouvelle de Dmitri Bilenkine pose une ambiance magnifique : un peu partout dans le monde, on observe la présence de mystérieux oiseaux noirs, en vols innombrables. Et là où ils se posent, l'énergie électrique disparaît. Ces oiseaux viennent bien entendu d'ailleurs, de l'espace. Malheureusement, la fin parachutée du récit n'est pas à la hauteur.
On ne peut par contre dire que du bien de la nouvelle de Kir Boulytchev (que nous reprendrons dans une nouvelle traduction, intégrale, chez Rivière Blanche) : tous les ingrédients sont là pour faire un bon récit populaire : aventure, amour, mystère. Boulytchev sait enchanter son lecteur.
On ne peut malheureusement pas en dire autant de Vladimir Mikhanovski. Même si son texte montre de solides qualités d'écriture, le thème abordé (là encore une histoire de premier contact, dans l'espace, entre un vaisseau terrien sur le retour et une mystérieuse civilisation), est traité de façon très maladroite, presque didactique : on retrouve là tous les travers de la SF soviétique classique.
A suivre...
16:11 Publié dans (aut.) Alexandre et Sergueï Abramov, (aut.) Arkadi et Boris Strougatski, (aut.) Jérémie Parnov, (aut.) Kir Boulytchev, (aut.) Vladimir Pokrovski, Auteurs russes, Auteurs ukrainiens, Essais, Revues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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