09/03/2013
Ludmila Petrouchevskaia - Il était une fois une femme qui voulait tuer l'enfant de sa voisine
Il y a longtemps que nous aurions du vous parler des contes fantastiques de Ludmila Petrouchevskaia. Elle est pourtant l'une des rares auteurs non-anglo-saxons à avoir pu décrocher un prix littéraire américain (de ces prix qui s'appellent « World... » en ignorant le plus souvent les trois quarts du monde), ici le World Fantasy Award 2010. Ce prix lui était alors attribué pour une sélection de ses nouvelles sortie en 2009, sélection que les éditions Ast se sont empressées de reprendre en langue originale (et avec comme il se doit la mention du prix), sous le titre d'Il était une fois une femme qui voulait tuer l'enfant de sa voisine (Жила-была женщина, которая хотела убить соседского ребенка, 2011).
Plus que de nouvelles, il s'agit plus exactement de contes, très courts, relevant le plus souvent de l'horreur, huit étant classés sous l'étiquette « Chants des Slaves de l'Est », et seize autres, qualifiés de simplement « Contes et histoires ». Chacun fonctionne sur un élément effrayant, lié avec la mort. Ces histoires relèvent le plus souvent de l'histoire familiale (rapports mère – enfant, femme – mari, etc.). Les histoires en elles-même ne sont pas forcément originales, certaines se finissent bien, quoi qu'il ne s'agisse pas toujours d'une fin heureuse : le héros s'en sort, ce qui n'est déjà pas mal. Ainsi, dans Un Accident dans le parc Sokolniki, l'action se passe pendant la Deuxième guerre mondiale. Une dame, dont le mari est pilote de chasse, reçoit l'avis de décès de celui-ci. Elle voit le cercueil lors de l'enterrement, mais pas le corps. Mais lorsqu'elle revient chez elle, un homme bizarre la suit partout. Elle lui demande pourquoi, et l'homme prétend être son mari. Il reste chez elle, mais elle a toujours peur que les voisins ne lui posent des questions. Un jour, l'homme déclare vouloir enterrer son uniforme, tombé dans une forêt, au-delà du parc de Sokolniki, à Moscou. Là, l'homme montre à la femme un grand trou, qu'il faut remplir de terre. Lui-même n'ayant pas de force, il lui demande de la faire. Elle s'exécute, et lorsqu'elle a terminé sa tâche, son mari n'est plus là. Tandis que l'uniforme au fond du trou bouge. Elle s'enfuit, rentre chez elle, et la nuit suivante, son mari lui apparaît en songe et la remercie.
Petrouchevskaia ici n'écrit pas, elle conte. Les récits sont introduits par le traditionnel « il était une fois », et ce style associé à la brièveté de chaque histoire fait que cela marche parfaitement. On obtient au final un excellent recueil de récits fantastiques.
Une lecture de Viktoriya
15:57 Publié dans (aut.) Ludmila Petrouchevskaia, (éd.) Ast, Auteurs russes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09/09/2011
Ludmila Petrouchevskaia - La Rose
L'année dernière, Ludmila Petrouchevskaia remportait le World Fantsy Award, pour un recueil de nouvelles dont les Russes ne sont pas peu fiers puisqu'il est depuis reparu avec cette mention sur la couverture... En France, nous ne la connaissons que pour son oeuvre de romancière réaliste, mais en Russie elle est aussi l'auteur d'une multitude de micro-nouvelles, plus ou moins fantastiques, plus ou moins surréalistes, en tout cas oniriques. Certaines sont destinées aux enfants, d'autres aux adultes. De ce vaste corpus, les éditions Notari viennent d'extraire et de publier en français un texte, La Rose (Роза), une micro-nouvelle (à peine deux ou trois pages en fonction de l'édition russe consultée).
Evidemment, La Rose n'est pas un livre de trois pages, mais de 40. Il s'agit en effet d'une reprise d'un projet italien, et ce récit est ainsi orné d'illustrations de Claudia Palmarucci, dont le style semble faire une étonnante synthèse entre le surréalisme d'un René Magritte et l'absurde d'un Roland Topor...
Et il fallait bien cela pour accompagner un texte étrange, dans lequel un homme tout simple, comme tout le monde, se met un jour à sentir la rose. Comme ça. Et si fort que tout le monde en est troublé, que tout n'a plus que l'odeur de la rose.
Ce petit livre qui est avant tout destiné aux grands enfants, n'en est pas moins intéressant pour les adultes, de par la réflexion qu'il contient sur les mécanismes de l'exclusion sociale, en remplaçant "senteur de rose" par tout autre critère discriminant.

Ajoutez à cela le fait que Luca et Paola Notari ont fait le choix d'une édition reliée, sur du beau papier, et vous comprendrez que l'on tient là un bien bel ouvrage, un livre d'art, finalement.
Une lecture de Patrice
10:09 Publié dans (aut.) Ludmila Petrouchevskaia, Auteurs russes, Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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02/11/2010
Un auteur russe primé au World Fantasy Award 2010!
C'est suffisamment rare pour être signalé: un auteur russe vient d'être primé au World Fantasy Award, lors de la World Fantasy Convention qui s'est tenue à Columbus, Ohio du 28 au 31 octobre. Il s'agit de Lioudmila Petrouchevskaya, pour un recueil original paru sous le titre The Once Lived a Woman Wgo Tried to Kill Her Neighbor's Baby: Scary Fairy Tales (2009, Penguin). Une nouvelle dont nous ne pouvons que nous réjouir!

Lioudmila Petrouchevskaya, 72 ans, est une romancière, poétesse, dramaturge et scénariste très connue en Russie. Ses nouvelles et récits ont été réédités en quatre volumes en 2008 et 2009 par la maison de Saint-Pétersbourg Amfora. Nombre de ses oeuvres ont été traduites en français avec la translittération "Ludmila Petrouchevskaïa", notamment chez Robert Laffont et Christian Bourgois.

15:42 Publié dans (aut.) Ludmila Petrouchevskaia, (éd.) Amfora, Auteurs russes, Prix littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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