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21/01/2012

Viatcheslav Rybakov - Mikhaïl Poukhov - Victor Koloupaev

Rybakov.jpgViatcheslav Rybarov (né en 1954), est actuellement un des grands noms de la SF russe. Universitaire, orientaliste, il est un des élèves de Boris Strougatski qui a le mieux réussi, avec 15 romans publiés à ce jour et paradoxalement, à peine plus de nouvelles. A ce titre, nous voulions l'intégrer au sommaire de Dimension Russie, sans succès hélas. Ce qui fait qu'à l'heure actuelle, une seule de ses nouvelles a été traduite en français :
La Grande sécheresse (Великая сушь, 1979), trad. Ilya Iskhakov, Lettres Soviétiques n°318, 1985, p. 104-116.
Dans un très lointain future, l'Humanité se répand dans l'univers, lequel s'avère être désespérement vide de formes de vie intelligentes. Un texte qui hélas n'est pas parfait, mais se montre toutefois très prometteur.Poukhov.jpg

Mikhaïl Poukhov (1944-1995) fait partie de ces nombreux auteurs de la « quatrième vague » de la SF soviétique, de ceux qui ne purent jamais écrire et encore moins publier un roman. Docteur en physique et en mathématique, il fut aussi traducteur de l'anglais, du polonais et du bulgare. C'est à ce titre qu'il s'est notamment attaqué à La Chasse au Snark de Lewis Caroll. Une seule de ses pourtant nombreuses nouvelles a été traduite en français :
Le Terminateur (Терминатор, 1978), trad. T. Khatchatouriants, Lettres Soviétiques n°277, 1982, p. 69-79.
Une histoire assez surprenante de vaisseau spatial dirigé par un cyborg, un homme cliniquement mort, maintenant privé de corps. Evidemment, rien ne se passera comme il le faudrait.

Koloupaev.jpgAussi surprenant que cela soit, alors même que nous avons intégré un de ses textes dans notre anthologie Dimension URSS, nous n'avons encore jamais fait le point des publications en français de Victor Kopoulaev (1936-2001). Celui-ci, ingénieur né en Yakoutie mais ayant passé une bonne partie de sa vie à Tomsk. Deux de ses nouvelles ont donc été traduite en français :
Quels drôles d'arbres (Какие смешные деревья, 1975), trad. Harald Lusternik, Lettres Soviétiques n°302, 1984, p. 59-66 ; révisé et repris dans Patrice Lajoye, Dimension URSS, 2009, Rivière Blanche.
Le Silence (Молчание, 1977), trad. T. Khatchatouriants, Lettres Soviétiques n°277, 1982, p. 99-107.
Cette nouvelle courte est surprenante elle aussi en ce sens qu'elle est finalement très mystique, décrivant un sculpteur capable de susciter des émissions dans l'esprit des gens.

25/09/2011

Victor Koloupaev - Les Balançoires d'Ermite - Projet "Kosmoopera" 20

 

Nous avions intégré dans Dimension URSS un texte de Victor Koloupaev, Quels drôles d'arbres, et ce fut un peu par hasard. Il s'agissait alors du seul texte de cet auteur que nous connaissions... Il était temps de rattraper notre retard car Koloupaev (1936-2001) fait partie des classiques de la science-fiction soviétique et russe.

Koloupaev1.jpgLes Balançoires d'Ermite (Качели Отшельника, 1972), fait partie de ces premiers et c'est d'ailleurs sa toute première novella (povest') publiée. Les Terriens ont découvert un monde qu'ils ont nommé Ermite et qui est totalement recouvert d'une forêt humide, peuplée de créatures dangereuses. Malgré le fait qu'elle ne soit pas accueillante, ils y ont installé un centre de recherches doté de sous-stations. Régulièrement, un vaisseau se place en orbite pour le ravitaillement. Un jour, une petite équipe va rejoindre ce vaisseau pour le temps de quatre jours. Sur le chemin du retour, alors qu'elle est en approche de la planète, elle envoie un signal au centre, et personne ne répond. Et de fait il ne semble y avoir plus personne sur Ermite, du moins dans le centre. En fouillant les bâtiments, ils entendent cependant quelqu'un pleurer : une jeune femme, Eva, qui ne les reconnaît même plus. Petit à petit, elle retrouve ses sens et raconte.

Deux des principaux scientifiques ont décidé de mener des expériences sur le temps, qui est leur objet de recherche. Ils ont donc ordonné au personnel de se rendre dans les sous-stations tandis qu'eux-mêmes restaient au centre pour diriger. Eva est aussi restée, comme assistante. Alors qu'elle revient dans leur bureau pour apporter du café, elle ne retrouve plus d'eux que des os et des lambeaux de vêtement. Ils n'ont pas été attaqués par une des créatures de la forêt, mais semblent être morts il y a déjà plusieurs décennies.Koloupaev3.jpg

L'équipe de retour va donc tâcher de résoudre cette énigme. A bord d'un hélicoptère, deux d'entre eux vont se rendre aux sous-stations, tandis que les autres vont examiner le centre, tout en maintenant en permanence la liaison radio entre eux. Ils découvrent comme une sorte de barrière énergétique qui court le long de l'équateur. Mieux, dans une sous-station, l'un des membres de l'équipe aperçoit le visage de sa femme sous le dôme de la coupole protectrice. Ils parviennent à la libérer, tout en se rendant compte qu'elle n'est pas la même personne.

 

Victor Koloupaev, avec ce monde désert qui sert d'objet de recherches et d'expérimentations, se place dans la lignée des frères Strougatski, qui s'étaient essayés par deux fois à ce thème, dans L'Arc-en-Ciel lointain, puis dans L'Inquiétude (première version de L'Escargot sur la pente). Ermite, monde forestier peuplé de créature dangereuse rappelle évidemment la Pandora des deux frères. Koloupaev d'ailleurs fait un clin d'oeil à L'Arc-en-Ciel lointain car la catastrophe provoquée par l'expérience ratée déclenche un ouragan ravageur. Mais alors que les Strougatski ont pu placer un propos politique dans leur texte, Koloupaev, lui, qui écrit dans les années 1970, ne le peut pas. Mais il compense. Pas réellement par son style, qui reste basique tout en étant d'une lecture aisée, mais par son idée de base : le temps, qui se dérègle. Pire, il se dérègle différemment en fonction de l'endroit où vous étiez au moment de la catastrophe. Et avec ce postulat, le texte de Koloupaev s'avère très efficace, dégageant une certaine angoisse inhabituelle dans la science-fiction soviétique.

 

Une lecture de Viktoriya