19/11/2012
Alexandre Poleischuk - L'Erreur d'Alexeï Alexeiev
Des quatre ouvrages soviétiques paru au Rayon Fantastique au début des années 1960, il nous en restait un à lire: L'Erreur d'Alexeï Alexeiev (Ошибка Алексея Алексеева, connu aussi sous le titre Ошибка инженера Алексеева – L'Erreur de l'ingénieur Alexeiev, 1961) d'Alexandre Poleischuk (plus correctement Alexandre Polechtchouk).
Dans un futur proche, sans doute le début du XXIe siècle, un mathématicien – le narrateur – reçoit une lettre de l'ingénieur physicien Alexeï Alexeiev, un ami d'enfance, dans laquelle celui-ci déclare être tout près de faire une importante découverte sur la nature du vide. Hélas, le temps pour lui d'arriver sur place, et le laboratoire de son ami a été totalement ravagé par une implosion : l'ensemble de l'air contenu dans le bâtiment a été instantanément compressé jusqu'à atteindre un stade cristallin, formant un bloc indestructible dans lequel Alexeiev et ses collaborateurs restent prisonniers.
Aussitôt une commission d'enquête est créée, afin de comprendre ce qui a bien pu arriver : pourquoi cette explosion, et en quoi peut-elle être liée à d'étonnants mirages qui ont lieu chaque matin à la même heure en trois points du globe ? Et surtout à quoi pouvait donc servir le satellite qu'Alexeiev a fait mettre en orbite quelques jours avant l'implosion de son laboratoire ?
On l'aura compris à la lecture de ce bref résumé du début du livre, L'Erreur d'Alexeï Alexeiev relève encore de la science-fiction de laboratoire, un genre particulièrement prisé des auteurs soviétiques (Emtsev et Parnov, Savtchenko et même Gor par moment). Un genre bien souvent ennuyeux, aussi peut-on parfois éprouver une certaine lassitude à la lecture des débats de cette commission d'enquête. Par chance, Poleischuk humanise par moment son propos en y ajoutant quelques petites touches de fraîcheur, notamment grâce à la présence de Tatiana, une petite fille vive d'esprit, la première à découvrir les mirages. Et le postulat de base du roman vaut le détour, notamment lorsqu'on le replace dans le contexte de la science-fiction de l'époque. Le final de L'Erreur d'Alexeï Alexeiev donne le vertige !
Roman vite lu, vite apprécié, s'il n'est pas mémorable il n'en reste pas moins, par son originalité, sans doute le meilleur des quatre – surpassant même celui des frères Strougatski que la traduction très abrégée et lourde avait particulièrement saboté.
Au sujet de la traduction
Dans notre article consacré à Jacques Bergier et la science-fiction soviétique en France, nous écrivions :
« Ces parutions posent problème, notamment au niveau de leurs traductions. Celles-ci, dues à Pierre Mazel, un personnage sorti de nulle part et dont on ne sait absolument rien (selon le catalogue de la BNF, il n'a jamais publié que cela...), sont particulièrement défectueuses, et très abrégées, du moins celle des Revenants des étoiles, dont certains chapitres perdent presque la moitié de leur volume. De plus, la translittération des noms propres, certes plus régulière que lorsqu'elle est faite par Bergier lui-même, semble indiquer une traduction non du russe, mais de l'allemand. Pourtant, aucun de ces textes n'a été traduit en allemand à cette époque... »
La lecture de L'Erreur d'Alexeï Alexeiev peut donner un indice concernant l'identité de Pierre Mazel. Les quatre romans parus au Rayon Fantastique ne sont pas traduits de l'allemand : en effet, après vérification, il apparaît que celui de Poleischuk n'a jamais été traduit dans la langue de Goethe. Pourtant, les noms propres y sont translittérés d'une manière très proche de la manière allemande. Ainsi, Konstantin Tsiolkovski y apparaît sous la forme Ziolkovsky (p. 129). C'est une forme que seul Jacques Bergier employait !
Il se pourrait donc bien que Pierre Mazel ne soit qu'un pseudonyme de Jacques Bergier...
Alexandre Poleischuk
L'Erreur d'Alexeï Alexeiev
1963, Paris, Hachette (Rayon Fantastique)
Trad. Pierre Mazel
Une lecture de Patrice
08:34 Publié dans (éd.) Hachette, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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07/03/2011
Quand les "vilains petits canards" sont des oeuvres littéraires
Les textes des frères Strougatski ont parfois une histoire étonnante, complexe, autant due aux aléas que ces auteurs ont connus avec la censure soviétique, qu'à leur processus créatif, qui les a fait revenir périodiquement sur leur oeuvre. Nous espérons dans un avenir proche nous attarder sur le cas emblématique de L'Escargot sur la pente, mais pour l'instant, voyons celui des Vilains Cygnes, titre que nous donnons à l'ensemble d'un groupe de texte.
Depuis 1968, les frères Strougatski sont considérés comme vaincus par la critique officielle. Après la publication d'un ultime article polémique, en 1970, dans la prestigieuse Literatournaya Gazeta (« Laissez-nous réfléchir au futur », traduit en français sous le titre « Réfléchissons au futur » dans Proxima n°3, 1984, p. 31-34), ils rentrent officiellement dans le rang. Les faits montrent tout autre chose. En 1966, ils écrivirent Les Vilains Cygnes (Гадкие лебеди, devenu en français Les Mutants du Brouillard, chez Albin Michel), et les éditions Molodaya Gvardiya se proposèrent de publier ce roman en omnibus avec La Seconde Invasion des Martiens. Mais on demande aux auteurs d'adoucir leur texte, d'en retirer toute allusion au présent, de le rendre en quelque sorte inoffensif.
De quoi est-il question? Dans un pays imaginaire soumis au fascisme, un écrivain en disgrâce est exilé dans sa ville de province d'origine, où il retrouve son ex-femme et sa fille. Cette ville est mystérieusement soumise à un régime météorologique intense: il y pleut en permanence. Non seulement ce phénomène en fait fuir les habitants, mais il semble plus lié à l'apparition de mutants qui ne peuvent vivre sans cette eau, mutants qui parviennent à transformer les enfants des habitants en génies sur-humains, et donc des êtres qui non seulement ne sont pas compris de leurs propres parents, mais qui eux-mêmes ne comprennent plus les êtres humains normaux. Roman à la fois politique et philosophique, Les Vilains Cygnes est d'une noirceur rare pour cette époque en URSS.
Malgré une nouvelle mouture fournie en 1967, le manuscrit est définitivement refusé, non seulement par Molodaya Gvardiya, mais aussi par toutes les autres maisons d'éditions, ainsi que par les revues littéraires. Pourtant, en 1968, Boris Strougatski apprend qu'on en vend des exemplaires dactylographiés pour 5 roubles à Odessa. L'oeuvre est passée, de façon totalement indépendante de ses auteurs, dans le domaine du samizdat, les éditions clandestines. C'est ainsi qu'en 1972, les éditions Possev, de Francfort-sur-le-Main, sans l'accord des Strougatski, l'ont publié en russe. Le roman fut vite traduit en anglais, et c'est d'après cette traduction anglaise qu'à été faite l'édition française, en 1975.

édition Possev, 1972

édition Albin Michel, 1975
Le temps passe. Au début des années 1980, les Strougatski connaissent une forme de retour en grâce, fort d'une immense popularité auprès des lecteurs. En 1982, ils se lancent dans la rédaction d'un nouveau roman, ayant pour personnage central un écrivain soviétique contemporain, lequel a toujours voulu écrire et publier de la SF, mais qui fut contraint de se rabattre sur le roman réaliste. Pourtant, en secret, il travaille sur sa grande oeuvre, contenue dans des dossiers bleus, un vrai roman de science-fiction. Il fallait aux Strougatski insérer une histoire dans l'histoire, et la première qui leur vint à l'esprit fut justement Les Vilains Cygnes, qui avait elle-même pour personnage central un écrivain.
Ce sera donc au final un roman sur un écrivain soviétique, écrivant sur un écrivain fasciste, lui-même écrivant sur un autre écrivain, etc. Une véritable histoire gigogne, qui prend alors tout son sens. Le texte des Vilains Cygnes est à peine corrigé avant d'être intégré à ce qui deviendra donc Destin Boiteux (Хромая судьба). Miracle, ou signe des temps, le roman est publié par la revue Neva, qui avait pourtant refusé auparavant Les Vilains Cygnes. Certes, les passages sur l'écrivain imaginaire, celui du pays fasciste, sont supprimé, et il ne reste que cette vaste critique de l'Union des Écrivains de l'Union Soviétique que sont les nouveaux chapitres. Mais en 1989, le roman est publié dans son intégralité par les toutes nouvelles éditions Orbita à Moscou, et par les classiques Sovetsky Pisatel. Le succès auprès des lecteurs est alors énorme, et le roman est traduit en français dès 1991, de façon si discrète qu'au final il est quasi-méconnu.

édition Orbita

édition Hachette
Cependant, avant même tout cela, le réalisateur Konstantin Lopouchanski, disciple d'Andreï Tarkovski sollicite les deux frères afin qu'ils travaillent à un scénario de film adapté des Vilains Cygnes, et non de l'ensemble de Destin Boiteux. L'avait-il lu auparavant en samizdat? C'est bien possible. Malheureusement, le film ne se fera pas, tandis que le scénario, sous le titre de Le Nuage (Туча), sera d'abord publié dès 1987 dans la revue Khimiya i Jizn', avant d'être repris dans l'anthologie Посёлок на краю Галактики, en 1989 aux éditions Naouka.

La symbolique de l'histoire y est ici profondément modifiée. Alors que dans Les Vilains Cygnes, la pluie, quoiqu'omniprésente, ne se présente pas comme le centre d'intérêt du récit, dans Le Nuage, c'est justement la source de cette pluie, une nuée impénétrable, qui est l'élément principal, puis que pénétrer dans cette humidité opaque (d'une symbolique évidente), permet d'accéder à un stade supérieur d'humanité.
Parallèlement, des éléments infimes des nouveaux chapitres de Destin Boiteux servent, dès 1985, à l'élaboration d'un autre scénario, Cinq cuillères d'élixir, traduit d'ailleurs en français dès 1986, alors que le film, d'Arkadi Sirenko, une honnête production mais à l'image très télévisuelle, ne sortira qu'en 1990. Son propos s'éloigne toutefois considérablement de celui de Destin Boiteux, auquel il ne fait qu'allusion.
L'histoire aurait pu s'arrêter avec la mort d'Arkadi Strougatski, en 1991. Pourtant, dans les années 2000, Konstantin Lopouchanski revient sur son vieux projet, mais il fait appel pour le scénario à Vyatcheslav Rybakov, un des élèves – et des plus brillants, il est maintenant un auteur reconnu – du séminaire de Boris Strougatski. Dans une ville de l'ouest de la Russie est apparu il y a quelques mois un phénomène étrange: il s'est mis à pleuvoir sans arrêt, et la lumière a viré à l'infrarouge. En parallèle, certaines personnes, qu'on dit atteinte de mélancolie ou de spleen, ont muté, leur visage se transformant notamment en masque de cire épaisse. Ces mutants ne peuvent vivre sans eau. Pire: ils ont pris en charge une partie des enfants de la ville, et en ont fait des surdoués qui lisent Kant et font des expériences sur l'hyperespace. Jusqu'ici, le scénario ne se différencie guère du roman original. Sauf que Rybakov a eu la bonne idée d'y ajouter quelques éléments empruntés à Stalker: la ville est transformée en une sorte de « zone », certes non laissée à elle-même, mais que l'armée a entourée tandis que ce qui reste de ses habitants s'en va peu à peu. Des commissions scientifiques mandatée par l'ONU tentent des études. Parmi leurs membres, un écrivain, Viktor Banev, dont la fille fait justement partie des « surdoués ». Et la question qui se pose est: ces enfants sont-ils l'avenir de l'humanité, ou bien son ennemi?

Le film, à l'ambiance pesante accentuée par ses teintes rouges, est tout simplement remarquable... Une belle adaptation, à la différente mais respectueuse de l'oeuvre des frères Strougatski. Paradoxalement, alors qu'à l'époque soviétique, les scénarios étaient très vite publiés, celui-ci ne le sera qu'en 2008, dans un recueil d'oeuvres et d'articles de Konstantin Lopouchanski, Symphonie russe (Русская симфония), aux éditions Aleteiya. Un texte, qui, s'il se fait moins allégorique que les précédents, n'en est pas moins brillant, une vision original de cette idée d'une ville perpétuellement noyée sous des trombes d'eau à l'origine d'étrangeté.

15:00 Publié dans (aut.) Arkadi et Boris Strougatski, (éd.) Albin Michel, (éd.) Hachette, Auteurs russes, Essais, Films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17/09/2010
Jacques Bergier et la SF soviétique en France
Quiconque, dans les années 1950-1960, avait l'idée saugrenue de lire de la SF soviétique sans savoir le russe, n'avait que trois solutions. La première était de fouiller dans le catalogue des éditions françaises proche du Parti Communiste. Et là la première déception arrive : les publications se comptent au nombre de... deux ! Un roman de Sergueï Belaiev (Les Aventures de Samuel Pingle) chez un éditeur éphémère et un autre de Guennadi Gor (L'Insupportable interlocuteur) aux Editeurs Français Réunis.
La deuxième solution consistait en s'adresser aux Editions en langues étrangères de Moscou, avec tous les a priori idéologiques que cela supposait sur le choix et le contenu des textes proposés. La troisième, enfin, était de suivre attentivement l'activité éditoriale de Jacques Bergier, qui, bien qu'anticommuniste, était profondément russophile (il est né à Odessa, en Crimée) et grand admirateur de la science soviétique qu'il a largement contribué à vulgariser, parfois en faisant preuve d'une grande crédulité.
Le but de cette note exceptionnellement longue pour ce blog va être de faire l'inventaire et de dresser un bilan de l'action en faveur de la SF soviétique de ce polygraphe incontournable du monde de l'édition française de l'Après-Guerre. La tâche s'avère d'emblée complexe car Bergier a multiplié les micro-articles, traitant de tous les sujets, sautant parfois du coq à l'âne au sein d'un même travail. Qui plus est, son travail se révèle entaché de nombreuses inexactitudes, voire d'erreurs grossières. Nous essayerons donc de présenter d'abord l'ensemble des passages relatifs à la SF russe ou soviétique dans son oeuvre, puis d'en faire la critique.
L'année 1956
Ses premières approches de la SF soviétique sont à relever dans les préfaces qu'il a rédigé pour la collection « Bibliothèque mondiale », une publication périodique d'oeuvres littéraires dirigée par Louis Pauwels. Et dès ces premières notules, les erreurs et approximations apparaissent :
« Les Scientistes : esquisse de la civilisation russe 1805-1955 », coll. « Bibliothèque mondiale » n°66 et 67, 1956.
Vladimir F. Odoievski, écrivain de la première moitié du XIXe siècle, devient F. G. Odoievski. « que l'ont présente comme le Jules Verne russe, le père de la science-fiction et de la vulgarisation scientifique moderne ». Le titre revient en fait soit à Tsiolkovski, soit à Beliaev, mais certainement pas à Odoievski, qui n'a jamais fait de vulgarisation, et qui n'est l'auteur que d'un seul roman de Science Fiction, L'An 4338, qu'il n'a d'ailleurs jamais achevé.
« Les livres étrangers récents », coll. « Bibliothèque mondiale » n°68, 1956.
Alexis Tolstoï n'est pas le neveu de Lev (Léon) Tolstoï, contrairement à ce que dit ici Bergier en présentant rapidement son oeuvre, mais un très lointain parent seulement. L'un des deux romans historiques mentionnés, en fait une trilogie, s'appelle Le Chemin des tourments, et non La Souffrance du peuple. Elle était pourtant parue en français en 1954 (aux Editions en langues étrangères de Moscou).
« Les livres étrangers récents », coll. « Bibliothèque mondiale » n°80, 1956.
Vladimir Nemtsov, un des écrivains phare d'anticipation d'après guerre, devient V. Nemzov, et son roman Oskolok Solntsa (L'Eclat du soleil) devient Oblomok Sontza (Un Fragment de soleil). Si l'on tient compte de la translittération aberrante de solntsa, la traduction d'oblomok est curieusement exacte. Mais le mot lui-même n'apparait pas dans le titre original.
1957-1961
A partir de 1957 et jusqu'en 1961, l'action de Jacques Bergier se déplace dans des périodiques plus orientés vers le Fantastique ou la SF. D'abord dans le fanzine Ailleurs, créé par Pierre Versins, puis dans les revues professionnelles Fiction et Satellite, auxquelles il collabore activement.
« Nouvelles de Nulle part », Ailleurs n°4, 1957
La revue Tekhnika Molodeji (La Technique pour les jeunes) devient Technique et Jeunesse. Par contre Jacques Bergier a tout à fait raison de signaler que son tirage, à l'occasion de la parution de La Nébuleuse d'Andromède d'Ivan Efremov, roman qui révolutionna la SF soviétique en 1956, fut largement insuffisant, tant fut grand l'engouement du public.
Bergier ne manque pas non plus d'humour lorsqu'il parle d'une préface « incendiaire » (entendez « élogieuse ») d'Alexandre Kazantsev à la traduction russe de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.
« Nouvelles de Nulle part », Ailleurs n°8, 1958
Au sujet des 50 ans de Vladimir Nemtsov, celui-ci redevient Wladimir (avec un W cette fois) Nemzov. Signalé à plusieurs reprises par Bergier, Nemtsov est le chef de file des écrivains d'anticipation « à court terme », autrement dit des auteurs de romans dont le personnage principal est en fait une invention quelconque, pour la plus grande gloire de la science soviétique. Il est le meilleur représentant de cette triste période de creux qu'à connu la SF russe entre les auteurs des années 1920-30 (Tolstoï, Grine, Boulgakov, Beliaev...) et Efremov. Cette tendance sera d'ailleurs combattue définitivement par Andreï Siniavski (Abraham Tertz), dans un article paru en 1960 dans la revue Voprosy Literaturi (Questions de Littérature, 1960, n°1, p. 45-59)
Parmi les titres de romans de cet auteur mentionnés par Bergier, seul Altaïr (trop simple) et L'Ombre sous la terre sont corrects. On retrouve l'erreur Un Fragment du soleil pour L'Eclat du soleil. Enfin, le roman mentionné comme étant en cours d'écriture ne s'intitule pas La Prochaine étape, mais La Dernière halte.
Plus loin, la revue Znanie – sila (Le Savoir, c'est la force), devient Savoir et Force. Et plus loin encore, Tekhnika Molodeji (La Technique pour les jeunes) devient Le Jeune technicien, un titre encore différent de Technique et Jeunesse, donné quatre numéro avant...
Dossier « Science-Fiction russe » dans Fiction n°53, 1958.
Ce dossier est le premier vrai coup d'éclat de Jacques Bergier. Avec grâce au support de Fiction, il peut alors toucher un très large public. Il contient :
- Une introduction à la nouvelle d'Ivan Efremov vraisemblablement signée Bergier.
- « L'ombre du passé », d'Ivan Efremov. Traduction anonyme. Il s'agit de celle d'Harald Lusternik, parue quelques années auparavant dans le recueil Récits scientifiques, aux Editions en langues étrangères de Moscou, reproduite ici avec l'autorisation de l'Agence Littéraire et Artistique Parisienne pour les Echanges Culturels.
- « Entretien avec Ivan Efremov », par M. Poletti, texte publié la même année dans le magazine pro-soviétique France-URSS.
- « L'anticipation en U.R.S.S. », par Jacques Bergier lui-même, réédition d'un article publié la même année dans la revue Arts et spectacles (devenue ici simplement Arts), sous le titre « Tolérée comme soupape de sécurité, la science-fiction soviétique est la seule évasion possible de l'univers matérialiste ». On y trouve une alternance de translittérations bizarres dans les noms propres : « Timiriasef » (pour Timiriasev) côtoie un très correct « Mendeleiev ». Au sujet d'un roman d'Obroutchev, il nous parle de La Terre de Samsonov, lorsqu'il s'agit de La Terre de Sannikov. Vladimir Nemtsov devient cette fois-ci V. L. Nemsov, et l'on retrouve à nouveau le titre fautif Un Fragment du soleil.
« En style 'marronnier' », par N. Razgovorov, traduction non créditée d'un article paru dans Literaturnaya Gazeta en 1958.

« Deux réactions russes à la SF américaine », Fiction n° 56, 1958. Non consulté.
Avec la publication dans Satellite n° 6 à 8 (1958), du roman d'Alexandre Kazantsev (ici Kazantzev), L'Île en feu, on commence à toucher aux choses sérieuses. Pour la première fois, l'action de Jacques Bergier se concrétise par la traduction d'une oeuvre précise, et qui plus est de grande ampleur.
La traduction est anonyme, on a juste la mention du copyright de l'Agence Littéraire et Artistique Parisienne pour les Echanges Culturels. Il se pourrait donc qu'elle soit issue des services des Editions en langues étrangères de Moscou, tout comme celle de la nouvelle d'Efremov dans Fiction n°53. Cependant, le texte français, très aéré, ne fait plus que 244 p. alors que le texte original en fait plus de 400, quelle que soit l'édition ! Or, ordinairement, les Editions en langues étrangères respectaient les textes qu'elles traduisaient. Serait-ce la rédaction de Satellite elle-même qui aurait procédé à des coupes ?

Jacques Bergier traduit aussi pour la même revue des articles. D'abord dans Satellite n°10 (1958) un article d'Alexandre Kazantsev (écrit Kazantzev) : « La littérature du rêve scientifique », article soit-disant extrait de la Pravda datée du 3 juillet 1958. Ce texte pose clairement problème, car il n'en subsiste aucune trace nulle part. Nous n'avons pu accéder à une collection complète de la Pravda, ce qui nous empêche de vérifier pleinement, mais le fait est que cet article est totalement inconnu, par exemple, du site officiel d'Alexandre Kazantsev, mis en place par son fils, et qui, pourtant, est censé accueillir tous ses textes, y compris ses articles. On trouve par contre, daté du 15 juin 1958 et publié lui aussi dans la Pravda, un autre article intitulé « La Réalisation du rêve ». Et s'il est bien question de Spoutnik dans les deux textes, force est de constater que leurs contenus respectifs sont totalement différents. On trouvera dans le texte de Satellite les erreurs habituelles (Nemzov pour Nemtsov ; Un Fragment du soleil pour L'Eclat du soleil ; Ziolkovski pour Tsiolkovski ; Poletchouk pour Polechtchouk ; sans compter A. N. Tolstoï qui devient A. N. Tolsto !).
« Entretien avec Monsieur K. », réalisé avec Hervé Callixte, Satellite n°19, 1959. Interview d'Alexandre Kazantsev (l'appellation « Monsieur K. », dans l'introduction et le titre, désigné comme « Président » est à là juste pour faire croire qu'il pourrait s'agir de Nikita Khrouchtchev). Kazantsev parle de ses théories sur la météorite de la Toungouska, sur les Martiens, donne ses goûts sur la SF et annonce un film adapté de son roman (dans le texte : « nouvelle ») Le Chemin de la Lune.
Traduction dans Satellite n°25 (1960) d'un article d'Alexandre Kazantsev (écrit Kazantzev) : « La vie est-elle possible sur les autres planètes ? ». Non consulté.
« Théoricien du marxisme contre créateurs d'univers », Ailleurs n°38, 1961
Jacques Bergier mentionne une polémique entourant le roman d'Alexandre Polechtchouk, L'Erreur d'Alexeï Alexeiev. Les translittérations du nom faite par Bergier (Polischouk, puis Polischuk) sont toujours fautives. Moins cependant que celle employée plus tard par le Rayon Fantastique (cf. infra).
Le temps des romans (1962-1978)
Jacques Bergier ne commence rééllement à récolter le fruit de son travail qu'à partir de 1962. Ami de Georges H. Gallet, c'est vraisemblablement lui qui a convaincu ce dernier de publier dans sa collection chez Hachette, le Rayon Fantastique, des romans de SF soviétique.
1962 : parution de Sur la Planète orange, de Léonid Onochko. Traduction de Pierre Mazel ; parution de Griada, d'A. Kolpakov. Traduction de Pierre Mazel.
1963 : parution de Les Revenants des étoiles, d'Arkadi et Boris Strougatski (écrit A. et B. Strugatzki). Traduction de Pierre Mazel ; parution de L'Erreur d'Alexei Alexeiev, d'A. Polechtchouk (écrit A. Poleischuk). Traduction de Pierre Mazel.
Ces parutions posent problème, notamment au niveau de leurs traductions. Celles-ci, dues à Pierre Mazel, un personnage sorti de nulle part et dont on ne sait absolument rien (selon le catalogue de la BNF, il n'a jamais publié que cela...), sont particulièrement défectueuses, et très abrégées, du moins celle des Revenants des étoiles, dont certains chapitres perdent presque la moitié de leur volume. De plus, la translittération des noms propres, certes plus régulière que lorsqu'elle est faite par Bergier lui-même, semble indiquer une traduction non du russe, mais de l'allemand. Pourtant, aucun de ces textes n'a été traduit en allemand à cette époque...
C'est vraisemblablement aussi du fait de Jacques Bergier si un roman d'Alexandre Kazantsev, Le Chemin de la lune, paraît en 1963 dans la collection Présence du Futur chez Denoël. Bien que le texte français soit dû à une traductrice digne de ce nom, Sonia Lescaut, on retrouve la forme « Kazantzev », chère à Bergier, pour le nom de l'auteur. Notons que le titre original mentionné (Gosti iz Kosmosa) est celui du recueil publié en 1958 contenant une réédition du roman, et non celui du roman lui-même.
Jacques Bergier met enfin la main sur Ivan Efremov, et après avoir signalé « Le nouveau roman d'Ivan Efremov », dans Planète n°21, 1965 (non consulté), il reprend la traduction d'Harald Lusternik de La Nébuleuse d'Andromède, faite pour les Editions en langues étrangères, et la publie en 1970 aux éditions Rencontre, au sein d'une éphémère collection.
Mais l'élément majeur de cette période éditoriale reste encore la publication d'une anthologie, Les Meilleurs histoires de science-fiction soviétique, avec une traduction très honorable de Francis Cohen, qui fut membre du Parti Communiste (et qui traduira aussi, en 1964, le roman de Guennadi Gor aux Editeurs Français Réunis). L'anthologie, d'abord parue en 1963 chez Robert Laffont, avec une courte préface de Bergier lui-même et une introduction d'A. Varchavski, est rééditée presque dix ans plus tard chez Marabout, et cette réédition de 1972 va créer un petit scandale dans le monde de la SF française. Tout d'abord parce que la nouvelle édition est affublée d'un « choisies et présentées par Jacques Bergier ». Or l'anthologie en question ne doit rien à Jacques Bergier, puisqu'elle est d'abord parue en URSS en 1961 sous le titre Zolotoï lotos (Le Lotus d'or) !
Mais il y a mieux : une nouvelle préface, qui évince l'ancienne et remplace même l'introduction de Varchavski, et cette nouvelle préface, qui prétend faire le portrait de la SF soviétique (« la meilleure au monde ! ») est un tissu d'inexactitudes, d'autant plus que le portrait, flatteur, est très embelli. Ainsi, la revue Le Monde des aventures, présenté par Bergier comme la plus ancienne revue de SF, n'en publie en fait que très épisodiquement. Après avoir longtemps vanté, dans ses travaux antérieurs, les vertus de Nemtsov (toujours orthographié Nemzov), il avoue enfin que celui-ci est « maintenant tombé dans les oubliettes sous le ridicule général ». Il était temps ! Lorsqu'il passe à Ivan Efremov, il mentionne un de ses romans sous le titre La Flamme au coeur du serpent, quand le titre exact est Cor Serpentis (pourtant paru en français une dizaine d'années auparavant, au sein d'une anthologie du même nom). Lorsqu'il résume le court roman des Strougatski Tentative de fuite (ici Tentative d'évasion), on peine à y reconnaître l'oeuvre originale (Bergier parle de troupeaux de crabes menaçants qu'on chasse avec un pistolet laser : il n'est jamais question de cela dans le texte !). Quand à la nouvelle Un Trou dans la muraille du temps, attribuée à Kir Boulytchev (ici Cyrille Boulitchev), nous avons été incapables de l'identifier...
Toutes ces erreurs n'ont pas été perçues, bien évidemment par les critiques de l'époque. Il n'empêche que la réponse a été cinglante. En mai 1973, Michel Demuth se fendra d'un éditorial ravageur (Galaxie n°108), et deux mois plus tard, Jean-Pierre Fontana, utilisant ses propres réseaux d'information, tentera de dresser un portrait réaliste de la SF soviétique, bien différent de celui de Bergier (« Regard sur la science fiction soviétique », Galaxie n°110).
Alain Dorémieux fermera la marche en publiant, en août 1973, dans Fiction n°236, sa propre critique de l'anthologie. Sous le pseudonyme de Serge Bertrand, il dira simplement : « Malgré ce qu'affirment couverture et page de titre, Jacques Bergier n'est pour rien dans l'élaboration de ce recueil, déjà publié il y a plusieurs années chez Robert Laffont sous la même étiquette mensongère. Il s'agissait alors, dans l'esprit de cet éditeur, de profiter au maximum de la notoriété de Bergier (encore considéré à l'époque comme le prestigieux coauteur du Matin des magiciens). En réalité le recueil avait comme source une anthologie réalisée aux Etats-Unis et textuellement reproduite en français d'après la version américaine [ici Dorémieux se trompe lui-même]. Mais ce n'est là qu'une des multiples fausses vérités mineures dont s'affuble à plaisir le personnage de notre ami Bergier et qui composent les facettes de sa déroutante personnalité... A noter que, pour cette réédition, Bergier a signé une nouvelle préface où, aussi ineffable qu'à l'accoutumée, il nous apprend entre autres qu'en 1972 les Russes ont réalisé « l'élaboration de l'antimatière » et « la synthèse des aliments à partir de l'air ». Cher Bergier, toujours aussi poète ! Quant à l'anthologie, soyez rassurés si vous ne l'avez pas lue : elle ne vaut presque pas un clou. » Un jugement bien sévère, d'autant plus que certains textes valent réellement le détour.
A qui revient finalement l'initiative d'avoir procédé à ce qui s'apparente bien à une escroquerie ? Est-ce la volonté de Bergier lui-même, ou de son éditeur comme le suggère Dorémieux ? Peut-être ni l'un ni l'autre. Bergier entretenait des relations cordiales avec les Editions en langues étrangères, dont il a pu utiliser à plusieurs reprises les ressources. Se pourrait-il que ce soit elles-mêmes qui lui aient confié cette anthologie, dont le contenu, hétéroclite, est très semblable à celui de celles qu'elles ont auparavant publiées (Le Messager du Cosmos, Le Chemin d'Amalthée, Cor Serpentis), et qui ont été régulièrement éreintée par les critiques français, lesquels chargeaient souvent la piètre qualité des traductions ?
Ce fiasco n'arrêtera pourtant pas l'activité de Jacques Bergier autour de la SF soviétique. Il publiera encore, en 1974, dans Magazine littéraire n°88 un article sur « La science-fiction soviétique » (non consulté). Et surtout il publiera, au milieu des années 1970, deux romans des frères Strougatski dans la collection Super-Fiction, chez Albin Michel, qu'il dirige avec Georges H. Gallet. Les traductions sont alors de Paul Chwat. Problème : Paul Chwat, qui fut co-auteur de plusieurs travaux de Bergier, traduisait de l'anglais... En 1971, il avait d'ailleurs déjà traduit de l'anglais les mémoires de Khrouchtchev aux éditions Robert Laffont. Or les deux romans des Strougatski portent la mention « traduit du russe par Paul Chwat ». Un procédé douteux s'il en est.
Jacques Bergier décède en 1978. Il y aura pourtant une suite à son activité éditoriale avec la publication, en 1981, d'un roman d'Alexandre Kazantsev, Plus Fort que le temps, chez Albin Michel encore, dans la collection Super + Fiction que dirige son ami Georges H. Gallet. L'argumentaire reprendra d'ailleurs l'expression « A.-E. van Vogt russe », que Bergier avait utilisée dans les années 1960 pour décrire Kazantsev. Cet auteur aura été finalement celui qu'il aura suivi durant toute sa carrière. On sait qu'il entretenait avec Kazantsev une correspondance suivie (cf. Kadath n°6, 1974), qu'il l'avait donc rencontré à Paris. Peut-être peut-on parler d'amitié, ce qui expliquerait ce soutien alors que maintenant Kazantsev est largement considéré comme le fossoyeur de la SF soviétique moderne?
Un bilan très mitigé
Que reste-t-il finalement de l'action de Jacques Bergier dans le domaine de la SF soviétique ? Il est vrai qu'on ne peut pas dire que son bilan soit totalement négatif. Sans lui, à l'époque, personne n'aurait rien su de cette SF. Aucun des membres du milieu français ne lisait le russe. Et alors que cela ne lui rapportait rien, alors même aussi qu'il était anti-communiste, il s'est fait le passeur de cette SF, sans faire de discrimination entre les textes très marqués idéologiquement, et ceux qui l'étaient moins, voire appartenaient à la dissidence (les deux derniers romans des Strougatski qu'il a publié).
Mais le fait est que la qualité des informations qu'il transmet laisse à désirer, oscillant entre approximations, erreurs, voire éléments sortis tout droit de son imagination. Le fait est aussi que les textes qu'il a fait publier étaient le plus souvent d'une médiocrité crasse. Sur la planète orange d'Onochko n'est qu'un mauvais décalque d'Aelita, d'Alexeï Tolstoï.
Du roman de Kolpakov, Griada, Léonid Heller écrira : « ce roman, amusant malgré tout sa niaiserie, est devenu le bouc-émisaire de la critique soviétique orthodoxe, pour son manque de sérieux, et celui de la critique moins orthodoxe, pour la même raison. Pour sa défense […], on peut dire qu'aucun autre livre soviétique n'est écrit avec cette insouciance et ce mépris total de la vraisemblance » (De la Science Fiction soviétique, 1979, p. 74). Quant aux romans de Kazantsev, nous avons déjà dit ce que nous en pensions.
La pêche est finalement maigre, et l'on peut dire sans se tromper que l'éphémère collection « Les Best Sellers », parue au Fleuve Noir en 1982-1985 aura eu plus d'impact en bien moins de temps d'existence, même s'il est vrai que Jacques Bergier lui aura largement préparé le terrain. Et pourtant les textes qu'elle a publiée datent pour beaucoup de la même époque. Question de goût, dira-t-on. Il n'empêche que ces romans, ceux d'Onochko, de Polechtchouk, de Kolpakov, sont en Russie-même tombé en désuétude, tandis que Kazantsev a été maudit par toutes les dernières générations de lecteurs. Si Jacques Bergier aura eu raison d'écrire de nombreux articles sur la SF soviétique, ses choix éditoriaux se sont révélé hélas mauvais : jamais il n'aura édité ou fait édité de véritable classique.
La note que vous venez de lire ne prétend pas à l'exactitude absolue. Nous ne sommes pas des spécialistes du phénomène Jacques Bergier, et même si nous avons pu interroger sur certains points quelques personnes compétentes, voire même l'ayant connu (en premier lieu Joseph Altairac et Gérard Klein, que nous remercions), nous nous sommes strictement focalisés sur la critique interne à son oeuvre, sans nous adresser aux divers essais biographiques qui ont été publiés depuis sa mort. Tous les commentaires, toutes les suggestions et critiques sont donc les bienvenus.
NB: nous n'aurions pu rédiger cette note sans l'existence d'un remarquable ouvrage: L'Aube du magicien, de Joseph Altairac, paru en 2008 aux éditions L'Oeil du Sphinx.

Joseph Altairac a présenté, compilé et annoté une large sélection de préfaces, d'articles et de notes de Jacques Bergier parues avant Le Matin des Magiciens, le tout étant précédé d'une préface délicieusement ironique d'André Ruellan. Il permet ainsi aux lecteurs d'accéder à des textes rares ou peu connus, donnant une bonne image de ce qui était, qu'on le veuille ou non, un personnage clé du monde éditorial français d'Après Guerre. On peut sans conteste reprocher des tas de choses à Jacques Bergier, mais sans lui, des auteurs comme Lovecraft, van Vogt et surtout Tolkien ne seraient certainement pas aussi connus. Bergier pouvait lire des ouvrages dans diverses langues, et avait le don de faire passer, parfois sur des supports incongrus (les préfaces à la « Bibliothèque mondiale », par exemple), ses découvertes.
L'Aube du magicien regroupe ainsi un grand nombre de textes qui pris isolément n'ont pas une grande importance, mais qui, une fois réunis, prennent sens et permettent de saisir un peu la personnalité complexe de l'auteur, l'enthousiasme qui l'animait, cet enthousiasme qui permet de passer outre l'aspect parfois dilettante, amateur du style.
Si les trois quarts de ce gros volume sont constitués de reprises de textes de Bergier lui-même, le dernier quart, imprimé sur papier jaune, contient lui des textes d'autres auteurs autour de l'oeuvre de Bergier, et notamment l'intégralité des réactions publiées dans Fiction suite à la parution du Matin des Magiciens, avec donc des interventions, entre autres, de Thomas Narcejac, de Gérard Klein, de Pierre Versins.
Répétons-nous: que l'on aime ou pas Jacques Bergier, cet ouvrage permet aussi une plongée dans le milieu naissant de la SF française. C'est tout un pan de son histoire qui apparaît ainsi. Indispensable!
08:33 Publié dans (aut.) Alexandre Kazantsev, (aut.) Alexeï Tolstoï, (aut.) Arkadi et Boris Strougatski, (aut.) Constantin Tsiolkovski, (aut.) Ivan Efremov, (aut.) Kir Boulytchev, (éd.) Albin Michel, (éd.) Denoël, (éd.) Editions en Langues Etrangères, (éd.) Fleuve Noir, (éd.) Hachette, Auteurs russes, Auteurs ukrainiens, Essais, Revues | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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